• "Jardins de Brocéliande" Faut-il encore faire attention aux oies blanches ?

    Jardins de Brocéliande

    Bonjour, hello, hi, buenas tardes, dobridienne...

    J'étais hier, invitée à conter dans un jardin à quelques trente kilomètres  de Rennes, en Ille et Vilaine -qui est bien jolie- direction Bréal sur Monfort. Point besoin de GPS, dès la route de Lorient tout est bien indiqué. Faites confiance, laissez-vous aller, laissez-vous encore guider par la simplicité, celle de la route, qui chacun le sait va tout droit, à gauche au rond point, à droite et encore à droite jusqu'à l'allée.
    Nous n'avons pas trouvé Rome mais nous avons bien trouvé l'allée des  #JardindeBrocéliande.

    À trente kilomètres de Rennes il ne reste plus que quelques encâblures pour entrer dans la célèbre Forêt du même nom. Brocéliande... Avallon, la dame du Lac, Viviane, Arthur, sa demi-soeur Morgane, Lancelot, Merlin, biche blanche, cerf, sanglier blanc peigne, rasoir ciseaux en tête... Magie quand tu nous parles, dans les Jardins de Brocéliande tu nous offres un avant-goût. C'est ainsi que les Jardins de Brocéliande s'adressent à tous. Sourires. J'écris :

    ceux qui voient, comme ceux qui ne voient pas,

    ceux qui touchent comme ceux qui ne touchent pas,

    ceux qui entendent, comme ceux qui n'entendent pas,

    ceux qui marchent ou ceux qui roulent,

    ceux qui usent du bout des doigts ou du bout des pieds ou du bout des cils ou du clair ou pas des oreilles, ceux qui obéissent ou ceux qui ne désobéissent pas. Sourires.

    Ne dit-on pas "Tous les goûts sont dans la nature ?"

    Aux Jardins de Brocéliande les goûts vous happent : couleurs, textures, parfums, senteurs, sonorités ;

    Fermiers et littéraires : Ânes veaux vaches moutons poules couvées pour finir par entendre venir les pas légers de Perrette foulant les graviers du chemin, Perrette, la plus fameuse et légère héroïne de Jean de Lafontaine ; 

    Jardiniers et conteurs : rosiers, dahlias, pré mélangé cosmos tournesols et autres variétés dans lesquelles on pourrait bien se perdre comme dans le labyrinthe à ne pas éviter ; 

    Mystérieux et effrayants : sorcières marmites araignée fantastique recette fabuleuse et ploc floc, grossissant à faire crainte ; 

    Sportif : défilé en filet au-dessu des allées et dans les frondaisons des arbres ;

    FJMS et davantage, et surtout ne pas délivrer tout  l'abécédaire des Jardins de Brocéliande.

    Seulement dire ce que j'ai vu afin d'en témoigner. Le silence est d'or la parole est d'argent, dit-on Contre un peu de votre or, laissez-moi vous offrir un peu de mon argent.

    Il est bon de se restaurer après l'effort. Petits ou grands se sont restaurés. Petits si petits, qu'à leurs côtés, les accompagnatrices étaient des géantes. Les petits -ne manquaient que les chapeaux noirs à boucle d'argent pour les prendre pour des korrigans -oh mince j'en ai trop dit- avaient véritablement l'air de nains. Ils étaient en plus grand nombre que les célèbres nains du conte mais ils y étaient tous l Atchoum,  Joyeux, Prof, Simplet, Timide, Dormeur, Grincheux, tous s'en allant par trois ou quatre ou deux par deux, parce que seul on en devient grincheux.

    Justement, il y avait, sinon le grincheux, tout du moins, le TouSSeul. Sans prévenir il tente une échappée, regard à droite, regard à gauche et tout auréolé de soleil, tout de bleu vêtu, pas fou le pitchou, il se dit que les jeux du bac à sable c'est peut-être pas mal pour oublier les chips et l'oeuf dur et la pomme verte. Soudain un prénom troue l'air de son écho

    "Djiordane" ... hou la la, c'est la géante, elle a l'oeil sur lui. "Djiordane, viens par ici.."

    Par ici par ici, c'est bien plus drôle par là, Géante... et le Pitchou met le pied sur la première marche de l'échelle verticale.

    Djiordane" s'il te plaît je t'ai déjà appelé une fois, viens ici

    Une fois, une fois, j'veux pas aller là-bas, j'sais bien que j'veux pas faire pipi... et hop là trois quatre cinq six à sept ou huit barreaux d'échelle plus tard le pitchou se retrouve debout face à l'allée horizontale.

    C'est difficile de crier, pense la géante, je pourrais le faire tomber, il vaut mieux que je m'approche. Oui, mais... et les autres ??? Transfert de responsabilité.

    La géante a le nez en l'air

    Djiordane a le nez baissé et son regard dit bien qu'il a peur et qu'il regrette  d'être monté si haut

    Lance-toi, je t'attrape Djiordane, n'aie pas peur saute, je te retiendrai !

    Djiordane s'est lancé. Elle a plié les genoux pour assurer la réception de l'enfant.  Elle ne comprend rien.  Djiordane n'est pas dans ses bras, Djiordane n'est pas au sol tordu de douleur. Si elle ne rêve pas Djiordane vole sur le dos d'une oie blanche. Et il rit comme elle ne l'a jamais entendu rire. Toutes les têtes présentes ont nez en l'air. La géante est tout de même bien embêtée. Certes Djiordane est vivant mais comment le rendre à ses parents ?

    Comme la géante en est à penser cela, l'oie blanche revient rieuse. Et la géante n'en revient pas : elle vient de dire merci à une oie blanche !!! Merci d'avoir déposé Djiordane, merci de l'avoir ramené.

    "C'est normal Dame Géante" dit l'oie Blanche, "je lui avais promis de faire un petit tour quand vous êtes passés devant devant l'étang"

    La géante en balbutie un nouveau mer mer ci. L'enfant dans les bras, elle regarde l'oie prendre la direction de l'étang. Et elle s'interroge "mais qu'eest-ce que je vais bien pouvoir raconter aux parents ?"

    "Papa Maman, j'ai volé sur le dos de l'oie blanche,... comme Nils Olgerson !!"

    Devant l'école les parents rient. Surtout de la tête de la géante. "Ce n'est pas grave madame, nous comprenons, Djiordane ne pense qu'à vivre comme Niels Olgerson, nous lui lisons chaque soir quelques lignes  de cette merveilleuse histoire. Il ne comprend pas tout, mais quand il nous dit qu'elle l'a emmenée dans le ciel, nous le croyons, nous le croyons !"

    La géante, toujours étonnée et surprise, ne cesse de répéter "mais ce que vous dit Djiordane est vrai  et moi je vous le dis :  j'ai vu de mes yeux vu, Djiordane sur le dos de l'oie Blanche !"

    "Nous vous croyons aussi" disent les parents de Djiordane, "vous croyez aux contes, bravo Madame Géante, vous nous rassurez !"

    Djiordane est bien heureux. Il est tout content de repartir à la maison : ses parents vont lui lire le nouveau chapitre. Vite, vite, manger, salle de bain, pyjama, édredon... ses oreilles sont grandes ouvertes à la voix, cette fois, celle de son papa. 

     

    Mon petit conte vous a-t-il plu ? Dites-le moi. A bientôt

    Le silence est d'or la parole est d'argent, dit-on

    Contre un peu de votre or, laissez-moi vous offrir un peu de mon argent.

     

     

     

     

     

     

    « Charlène, plus conteuse que Lania : une jolie rencontre, un bel instant ce jeudi 15 juin 2017

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